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J'avais 15 ans ...
L'alcool-fête, l'alcool-plaisir, devient petit à petit, insidieusement, un produit qui me permet de me "défoncer" le week-end puis de plus en plus souvent. Je suis devenu un "bon buveur" (excessif). Ce produit devient mon compagnon de tous les jours. J'en use et en abuse, et rapidement je suis dépendant physiquement de cette drogue dure. Je ne vis plus. Je suis obsédé par l'alcool : comment m'en procurer, ne pas en manquer, le cacher aux autres... Je perds mon emploi, mon logement ; ma femme me quitte avec notre enfant. Je me rends bien compte que je suis en marge de la vie et de la société. Je me sens honteux, coupable et incapable d'arrêter seul ce cauchemar. Pourtant une petite lueur d'espoir me permet de réagir et d'aller à la rencontre de l'association "La Croix Bleue". J'ai 28 ans et ne suis plus seul. Je vais pouvoir m 'en sortir. Alain Comment décrire une vie qui n'en est plus une ?
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Imprégnée d'une culture, de tabous, de secrets de famille, aveuglée par les images véhiculées autour de la
personne alcoolique et de son entourage, ma prise de conscience de l'alcoolisme de mon mari fut longue. |
Dormir pour ne plus penser, pour ne plus souffrir. Pendant des années j'ai tremblé d'ouvrir ma porte. Je ne répondais pas pour ne pas avoir à inventer une autre histoire,
pour ne pas faire semblant, car il était bien là mon problème, je devais faire semblant de vivre alors qu'à l'intérieur j'étais déjà morte. |
Catherine
J’ai
ouvert la porte de la Croix Bleue, ivre de douleur, épuisée, anéantie par toi :
L’alcool.
Mon
compagnon, pendant dix ans, tu m’as fait croire, m’as menti, m’as salie,
m’as enfermée dans une nuit sans fin.
Alcool,
illusionniste, qui lorsque je n’avais pas le courage d’avancer, tu me disais :
"Je suis là, pour te protéger, te chérir, panser tes blessures"
Alcool,
tu ne m’as donné que le pire, tu m’as emprisonnée dans la honte, la
solitude, la nuit, le désespoir.
Aujourd’hui,
j’apprends à vivre sans toi. Je viens chaque semaine à la Croix Bleue,
espace où j’apprivoise lentement l’espoir.
C’est
vrai, il m’arrive de me décourager, mais ici auprès des abstinents, non
abstinents, membres actifs ou solidaires, je sais que la solidarité, la générosité
sont des réalités qui m’éloignent de toi.
Témoignage de Valérie - Janvier
2002.
(sur
l'air du "Déserteur" de Boris VIAN)
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Monsieur le Président Vous écrivons cette lettre Que vous lirez peut-être Si vous prenez le temps. On
souhaite vous informer Du problème de l'Alcool Où les services s'étiolent Depuis quelques années.
Monsieur le Président II vous faut réagir Il faut faire quelque chose Et ne pas nous laisser mourir. C'est pas pour vous fâcher Si l'alcool vous rapporte II faut que vous sachiez Que nous, il nous emporte.
S'il y a quelques années L'alcool nous rendait gai Nous faisait rigoler, Chanter, danser s'marrer Depuis
not' dépendance Alcool égale souffrance Et parfois même errance Dans notre décadence. |
Not' corps a tant souffert Notre entourage l'enfer Lorsqu'on veut réagir Il ne faut pas faiblir. Rendez-vous chez l'médecin Pour
avouer notre mal Qu'l'alcool
nous rend malade Et qu'on n'est plus serein.
Bien souvent il nous faut, Pour tenter d'nous soigner, être hospitalisé
Avant d'être en morceaux.
Alors expliquez-nous
Pourquoi not' maladie,
Pourquoi notre souffrance
N'a plus d'reconnaissance.
Vous débudgétisez
Les soins d'alcoologie,
Vous réduisez les lits
Et nous laissez crever.
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Monsieur le Président
Nous sommes toxicomanes
D'un produit bien légal Ne nous laissez pas dedans.
Ne prenez pas trop de temps,
Rassemblez vos semblables,
Limitez les palabres,
Accordez nous du temps.
Monsieur le Président
Si vous nous comprenez,
S'il vous plaît, agissez,
Avant qu'tout soit fermé.
Nous on veut s'en sortir
On veut tenter d'guérir
S'il n'y a plus de services
Alors qu'on en finisse, Alors qu'on en finisse
Cyril -
septembre 2000 |
Après une adolescence difficile où se bousculaient des tas de problèmes existentiels, j'ai commencé à sombrer progressivement dans le processus alcool.
Je buvais car j'avais besoin du produit pour m'intégrer à mon groupe d'amis.
J'avais le sentiment d'un profond décalage de mentalités ou plutôt de centres d'intérêt.
En plus de me donner un peu d'assurance, l'alcool m'aidait à oublier le manque d'affection et d'attention de mon petit ami. Cela ne durait jamais très longtemps car il ne me fallait pas une grosse quantité d'alcool pour que les effets que je recherchais ne se transforment en délire hystérique.
Par la suite, j'ai quitté ma maison, mes parents, mes repères, pour me retrouver en appartement, seule avec mes problèmes. Là j'ai vite pris le pli de boire le soir après ma journée de travail. Cela a duré 2 ans, période pendant laquelle une grosse dépression s'est installée.
Pour enrayer cette dépression (seule maladie dont j'avais parfaitement conscience à l'époque), j'ai décidé à 24 ans de quitter ma région natale pour changer de vie, de repères.
J'ai été alors recueillie par mes oncles, tantes et cousins qui se sont vite rendu compte de mon problème d'alcool. Je suis aujourd'hui persuadée que, si mes parents, parfaitement conscients de mon problème, les avaient mis dans la confidence, ils ne m'auraient pas pris en" charge" moi et mon amie fidèle de l'époque : la bouteille.
Mensonges, tromperies, "conneries" se sont succédés, et, petit à petit, l'alcool, associé aux antidépresseurs (je tiens à mentionner ce cocktail aux ingrédients incompatibles), m'a fait perdre la confiance de toutes les personnes que j'aimais. Je buvais le soir et le week-end, mais jamais durant la journée, ainsi j'arrivais tant bien que mal à camoufler le problème au travail.
Un jour, ma tante m'a découpé dans un journal un petit article sur l'association la Croix-Bleue, mais j'ai considéré que ce n'était pas pour moi,"je ne suis pas ALCOOLIQUE !" (ce mot me fait encore mal aujourd'hui quand je l'utilise).
C'est en fait la lassitude de mon entourage à me faire comprendre qu'il fallait que je me soigne qui m'a fait réagir. Ils avaient toutes et tous déployé tant d'énergie pour me faire prendre conscience de ce que je devenais, que j'ai fini par admettre qu'il fallait que je fasse une démarche. J'ai appelé Alain, membre actif de la Croix-Bleue, avec qui j'ai eu un premier entretien. Il m'a ensuite fait découvrir l'association dont j'ai eu l'impression au départ qu'il s'agissait d'une secte mais j'ai très vite compris que ce n'était pas du tout ce que je croyais.
J'y ai rencontré des gens comme moi, dépendants à l'alcool ou en ayant subi les méfaits par personne interposée. Je suis allée régulièrement aux réunions, c'est-à-dire toutes les semaines, car j'avais besoin de ce groupe qui me rassurait.
C'est comme ça que je m'en suis sortie. Sans sevrage ni cure, la Croix Bleue seule a été ma solution pour guérir.
Ça n'a pas été simple car les obsessions de la bouteille ont été longtemps présentes mais, sur le chemin de l'abstinence, on apprend à devenir patient.
Toute notre vie se reconstruit progressivement, c'est la politique des petits pas. Le plus dur pour moi a été de faire mon deuil de l'alcool en découvrant à 25 ans que je ne pourrais plus jamais reboire une seule goutte d'alcool (car, au delà de ses méfaits, un verre de bon vin ne réveille pas que les papilles gustatives).
Aujourd'hui j'ai 27 ans et je suis abstinente depuis plus de deux ans. J'ai pris la décision à mon tour d'apporter mon soutien et mon témoignage aux personnes qui ont des problèmes de relation avec l'alcool et je suis devenue membre actif de la Croix-Bleue de Poissy.
Voilà mon parcours, qui avec du recul s'est passé sur une courte période mais a néanmoins fait de nombreux dégâts. Doucement les conséquences désastreuses de cette période d'alcoolisation abusive s'atténuent et surtout la confiance de ma chère famille revient.
Je serai, et je tiens à le clamer, éternellement reconnaissante envers ces personnes de la Croix-Bleue si dévouées.
Mélanie (avril 2003)
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Pour tous ceux que tu disais trop aimer Pour tous les faux semblants de vie Pour tous les deuils que tu n’as pas su accomplir Milles raisons pour la rejoindre L’eau enivrante ruisselante de ton seul désir de vivre Personne pour t’aimer dis tu !!!! Une raison supplémentaire La vie trop quotidienne , trop aliénante dis tu !!! Une raison supplémentaire Un au revoir pas osé, oublié Une raison supplémentaire Mille et une raisons que tu ajoutais à ta liste Un danger douceur à tes yeux Un danger mouroir aux yeux de tes proches Que tu ne soupçonnais même pas qu’ils existaient ! |
Il y a toujours quelque part quelqu’un qui peut t’aimer Il y a toujours une odeur, une couleur, un son qui te touchent Et même si mes mots ne sont pas assez forts Ecoute-moi juste un instant Je ne veux pas mourir avec toi, en toi Cette eau enivrante me fait vivre des combats bien trop violents Crois moi…et même si…… tu sauras vivre, sentir, et voir Crois moi c’est si analgésique aussi que vivre avec le réel Mes mains seront toujours là pour te retenir de ne plus vouloir vivre Avec moi ou sans moi tu verras que tout est concevable Et même si …..ta raison supplémentaire sera si différente Tu la penseras bien plus puissante, en toi elle sera claire Aussi claire que l’eau naissante Et même si……. |
Françoise (novembre 2004)
On s’aventurait dans des histoires de femmes…
Nos chemins se ressemblent un peu
Comme une petite sœur
Nos forces et nos faiblesses nous nous les racontons
Comme deux petites sœurs.
Comme deux jolis cœurs.
Parce que je ne voudrais pas que ses mots se transforment à l’imparfait
Je vous le dis, un hommage que je m’accorde à lui donner
Parce que les heures passent si vite, parce que l’on ignore ce que sera demain
Parce que l’on se tait pour ne pas faire trop de bruit, et elle ne veut pas faire trop de bruit, elle aime le silence.
Un jour, j’ai ouvert une porte, la porte de la croix bleue de Poissy
Des plaisirs faits de tout petit rien
Un tout petit rien qui vous ouvre le cœur
Une découverte que vous souhaitez prolonger
Et on se raconte nos folies, nos actes manqués
Elle a un nom, mais je ne peux vous le citer
Mais cette fois-ci je ne veux rien perdre de ces instants
Parce la vie est chemin de maux
Parce que la vie est chemin de bonheur autorisé
Elle est un exemple pour moi.
Elle sait taire les moindres maux
Mais parfois tout doucement elle vous alerte
Alors vous ouvrez votre cœur
Femme je dis bravo à votre vie.
Je vous garde dans mon chemin de vie parce que je vous aime.
Françoise (décembre 2004)
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